STEPHEN
SHANK
Né en Belgique de parents américains, il est
naturalisé belge. Il voyage d’un continent à
l’autre se partageant entre la tradition anglo-saxonne
et la tradition française.
Etude
de Communication, Théâtre et Histoire de l’Art
aux Etats Unis où il met en scène et enseigne.
Il
travaille à Bruxelles au Parc, au Public, au
Nouveau Théâtre de Belgique, à Villers la Ville…,
collabore avec Monique Dorsel. Il note une préférence
pour les textes littéraires adaptés à l’oralité.
L’année
Ghelderode, c’est lui qui met en scène Mademoiselle
Jaïre au Théâtre Royal du Parc et Images de
la Vie de François à Villers la Ville.
Ces
dernières années il a entre autre joué Oberon
dans Le Songe d’une nuit d’été (W. Shakespeare),
L’homme dans Couple Ouvert de Dario Fo au Public,
et il a mis en scène La Reine Margot (A . Dumas)
et Les Misérables (V. Hugo) à Villers la Ville
et a dirigé Pietro Pizuti et Alexandre von Sivers
dans Le Contrat de Slawomir Mrozeck, au Théâtre
le Public. Il joue le rôle d’Hubert dans Trois
Versions de la Vie, de Reza, mis en scène par
Adrian Brine en tournée l’hiver dernier.
Il
investit deux monologues fétiches mis en scène
par Cor Stedelinck : Les Cahiers de Malte Laurids
Brigge de R.M. Rilke joué aux Brigittines et
en tournée en Belgique et en France, et Révélation,
qui a tourné aux Etats Unis et au Canada pour
terminer au festival d’Edimbourg.
Stephen collabore actuellement avec Thierry
Bosquet aux développement de deux grands projets,
l’un pour la Grand Place de Bruxelles, l’autre
: deux livres d’enfants basés sur des légendes
populaires anglaises.
Il
a joué le capitaine Vukhov dans le monologue
crée par Peter O’Toole à Londres : Le Jugement
de Barry Collins au Théâtre du Méridien où il
vient de mettre en scène Le Roi se meurt d’Ionesco,
La légende de Saint Julien l’hospitalier de
Flaubert et La Tempête de Shakespeare.
Pour
la mise en scène de Voilà !, il sera assisté
de Luis Vergara.
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DERNIERES REALISATIONS
«
Le Jugement »
de
Barry Collins
Adaptation
de Sarah Sanders et Jean-François Prevand
MISE
EN SCÈNE: Cor Stedlinck assisté de John Shank
DISTRIBUTION: Stephen Shank (Le lieutenant Vukhov)
SCÉNOGRAPHIE: Thierry Bosquet
CREATION LUMIERES : Alain Collet
« Camarades, je vois bien que je vous dégoûte.
Je vous révolte parce que je suis calme, parce
que je suis normal...
Je vous comprends ».
Un homme paraît devant ses juges. Sept soldats
russes ont été emprisonnés, délestés de tout
et mis nus, dans la cellule haute et exiguë
d’un monastère. Ils y sont abandonnés. Soixante
et quelques jours plus tard, l’armée russe les
retrouve. Deux d’entre eux vivent encore. Ils
ont survécu en mangeant les autres. L’un est
muet et n’a plus de raison. L’autre est lucide
et mis en jugement.
Parti
d'un fait réel, « Le Jugement » est l'écho du
cri strident de toutes nos guerres, un hymne
à notre incapacité d'assumer nos choix, un cantique
à la Superbe et à l'Audace de danser avec la
mort. La mise en scène de Cor Stedelinck fixe
l'acteur au centre du monde, passeur et miroir
de nos phantasmes passés et présents les plus
sombres, de nos choix les plus impossibles.
Le public en sera juge.
«
On entre dans le théâtre plongé dans une semi-obscurité.
On s’installe et l’on découvre une longue table
recouverte d’un drap vert fixée en bord du premier
rang des fauteuils. Sur cette table, trois carafes
d’eau et trois verres. Les lumières s’éteignent.
Noir absolu dans la salle et sur le plateau
du théâtre. Un spot se ranime et éclaire un
homme, en tenue militaire mais délabrée, assis
dans un fauteuil installé en fond de scène.
Tout autour, des tentures noires…
Un silence religieux plane dans la salle. L’homme
nous regarde. Il se lève et gagne l’avant-scène.
Son regard est pénétrant et douloureux.
Stephen Shank, né en Belgique de parents américains,
s’est souvent produit sur nos scènes de théâtre
en tant qu’acteur. Du classique avec Obéron
dans « Le Songe d’une nuit d’été », de la comédie
avec Hubert dans « Trois versions de la Vie
»…, il a réalisé de nombreuses mises en scène
parmi lesquelles celle pour « Le Roi se meurt
» la saison dernière au Théâtre du Méridien.
Stephen Shank est vraiment impressionnant, émouvant,
dans l’interprétation du soldat Vukhov. Ses
gestes, ses états d’âme, ses regards sont coupants,
tranchants, incisifs, poignants, d’une grande
force et d’une telle vérité. On oublie l’acteur
et l’on fixe l’homme que l’on écoute dans ses
propos de l’horreur avec une tristesse profonde
et un besoin d’intervenir sur le plan de l’humain.
On reste tendu durant tout le spectacle et l’on
quitte le théâtre avec une vive émotion et une
réflexion sur ce que nous sommes ou devrions
être ! Un théâtre utile et qui nous remet en
mémoire des moments tragiques de notre vie »
(Roger Simons).
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« Saint Julien l’Hospitalier »
de
Gustave Flaubert
MISE
EN SCENE: Stephen Shank
DISTRIBUTION : Laurence d'Amélio, Benoît Verhaert,
Eric Breton Leveel
SCENOGRAPHIE : Thierry Bosquet
CREATION LUMIERE : Philippe Nicodème
«
… un cri déchirant partit. C’était sa mère,
dont le bonnet à longues barbes restait cloué
contre le mur… »
Une
demeure paisible, où tout a un sens et une raison.
Une fête grandiose y est donnée par un seigneur
à ses sujets pour la naissance de Julien, son
premier fils. Un étrange convive lui prédit
un destin extraordinaire puis disparaît. L'enfant
grandit, il est vif, agile, et bientôt rompu
aux arts de la chevalerie et de la vie courtoise,
il goûte aux plaisirs de la chasse. La fascination
pour l'immobilité de la mort et l'ivresse du
sang versé le conduisent à des joutes sanglantes
avec des animaux de plus en plus grands. Un
grand cerf noir, au soir d'une ultime boucherie,
lui apparaît dans l'ombre et le condamne au
parricide. Fuyant alors la prédiction fatale,
il luttera en vain contre ses instincts sanguinaires
et ne trouvera le repos que dans l'acceptation
de son destin terrifiant et dans la découverte
de l'autre. La quête inlassable du pardon, le
dénuement total et le hasard d'un abandon de
lui-même à un "Autre" en souffrance, porteront
Julien vers la lumière.
Flaubert
conte la lutte d'un être avec son destin, Julien
croit se battre pour sa vie, c'est sa survie
qui est en jeu.
Ce texte vibrant et d'une oralité musicale,
reflète le regard d'un Flaubert qui est au faîte
de son art, arrivé au terme de sa vie et de
son œuvre.
Il met en jeu tout ce qu'il y a de pire et de
meilleur en chacun de nous, nos peurs et nos
défaites autant que nos espoirs les plus profonds.
«
Respectant à la lettre le texte original, Stephen
Shank en assure une mise en scène qui relève
d'une sorte de naturalisme magique. On y retrouve
intactes voire rehaussées l'ironie, la gravité
et l'élégance narrative de Flaubert.
Les trois comédiens disent et jouent le récit
avec une tension, une vivacité et une précision
qui rivent le spectateur à son fauteuil. Le
décor de feuilles mortes et de tulle noir créé
par Thierry Bosquet forme un écrin gothique
et crépusculaire pour cette fable qui ne l'est
pas moins. D'ingénieuses boîtes ouvrantes ont
permis de nombreuses trouvailles dans l'interprétation.
Benoît Verhaert est ce Julien à la sombre et
belle hagiographie. Alliant profondeur et légèreté,
l'acteur incarne avec une présence magistrale
cette destinée qui va de la puissance à la sainteté
en passant par l'anéantissement. Autour de lui,
Laurence d'Amélio et Eric Breton Leveel jouent
tour à tour les différents personnages rencontrés
par Julien. Leur diction et leur engagement
sont en tous points remarquables. Le tableau
final avec le lépreux est tout simplement bouleversant.
Face à des adaptations à la scène de chefs-d'oeuvre
non théâtraux, il arrive qu'on ne voie pas la
«plus-value» apportée par le médium théâtral.
Ici, la question ne se pose pas. Le supplément
d'incarnation est à l'évidence un supplément
d'âme. La richesse de ce texte visionnaire,
la multiplicité des émotions et des niveaux
de lecture qu'il offre, se déploient sur la
petite scène du Méridien pendant une heure et
demie en une belle et profonde méditation sur
la destinée humaine et sa quête aveugle mais
inlassable d'une transcendance » (Philip Tirard).